Page 88 - Burlesque Magazine Bcn Ene 2023
P. 88
88 Despierta la sensualidad que hay en ti | MAR 2023
Free Bird - Francia On n’est jamais correctement payée
“Un cabaret féministe où le corps est revendiqué” (quand on est payée…) : J’ai deux
copines qui ont performé dans une
boite de nuit, ensuite le patron les a
jetées dehors sans leur donner leur
dû ! Tu ne peux rien dire, t’as pas
de contrat, tu ne fais pas le poids.
Et puis les gens ne connaissent pas
les codes du burlesque en dehors
des shows un peu sérieux. Ça crie
« à poil ! », ça te met la main aux
fesses… Je me sentais vraiment en
insécurité.
Mon rêve était de faire partie
d’une troupe de cabaret, et j’ai été
prise dans une première troupe
en 2016, puis une autre en 2019,
-Qui est Free Bird ? mais malheureusement, faute de
-FB: Je suis une effeuilleuse burlesque passionnée. En 2021, je fonde avec financement, ces projets se sont
son compagnon l’association Free Bird Cabaret Burlesque. Je m’improvise arrêtés. J’étais désespérée, car
également costumière et chorégraphe pour les besoins de ma troupe. j’étais extrêmement investie, mais
aujourd’hui, je me rends compte que
-Comment est née l'artiste, quelles sont ses références et son parcours ces expériences m’ont énormément
artistique ? appris, notamment à manager et
-FB: J’ai toujours su que j’aimais l’art, je faisais du théâtre et du dessin dans produire un show. Enfin, j’ai surtout
l’enfance, j’adore me déguiser, les costumes, les belles robes et la couture. vu ce qu’il ne faut pas faire… FREE BIRD CABARET BURLESQUE
Dans ma famille, l’activité artistique n’était pas spécialement encouragée, on
m’a toujours répété que c’était impossible de gagner sa vie grâce à l’art, et
que je devais me diriger vers un « vrai » métier. A 18 ans, je voulais faire
une école de mode, mais là aussi, on m’a incité à choisir des études plus
traditionnelles. J’ai toujours eu l’impression qu’il fallait choisir entre la pratique
artistique et professionnelle, alors que aujourd‘hui, je cumule les deux et c’est
très épanouissant. Quand j’avais 20 ans en 2014, j’ai découvert les cours de
burlesque à Montpellier. On peut dire que je suis tombée dans la marmite !
A partir de là, j’ai tourné tous mes efforts (et tout mon temps libre !) vers le
burlesque.
En 2015, je m’envole pour le Canada pour mes études. Là-bas, je découvre une
communauté burlesque très riche et étendue. Je continue mon apprentissage
auprès de Miss Rosie Bits et je participe à mes premiers shows en 2016. Elle
m’a fait l’honneur de «close the show », c’est-à-dire d’être la dernière artiste
de la soirée, et cela m’a vraiment encouragée à continuer. Pour la première
fois, j’avais l’impression d’être vraiment bonne à quelque chose. Je me suis
fait des copines avec qui je suis toujours en contact.
Petit à petit, je commence à acheter
des costumes de cabaret d’occasion
Une fois revenue en France, je continue de prendre des cours entre : j’ai besoin de voir comment ils sont
Montpellier et Toulouse et je me prends d’affection pour l’univers du faits pour les transformer et pouvoir
Cabaret. Je complète ma formation avec de la danse cabaret, classique, en fabriquer d’autres. Mon petit
pole dance et du fan dance. Au fil de mes pérégrinations, je découvre des appartement se remplit de plumes,
artistes de la région dans des scènes ouvertes et des petits clubs. Mais il ne de strass, de franges, et devient un
faut pas croire que c’est facile de se produire seule.
atelier.

